Châtillon-en-Diois

Georges Ladrey

jeudi 17 octobre 2019

Georges Ladrey, d’origine normande (Sées 1920), rencontre la peinture à douze ans à une exposition sur les Impressionnistes à Paris. Il peint dans le style de Monet jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale. Il se lance dans l’abstraction à la Libération, encouragé par le peintre Henri-Jean Closon (1888-1975) et le sculpteur Gilioli (1911-1977). Sa rencontre à Alger en 1946 avec les peintres Maria Manton (1910-2003) et Louis Nallard (1918-2016), amis de toute une vie, le confortent dans cette voie.

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La cheminée à la Jouve - 1949

Deux rencontres lors des Chantiers de Jeunesse en 1940 orientent sa vie : Francis Servoz grâce auquel il crée son maquis à Theys dans le pays du Grésivaudan en Isère ; Georges Maillefaut, originaire de Mensac dans le Diois, qui l’amène au hameau déserté de l’Église à Creyers où il s’installe de 1949 à 1952 dans la maison à arcades du bas du bourg. Là, il s’adonne pleinement à la peinture (La Cheminée à la Jouve, Intérieur, 1949).

De sa difficile expérience dans ce lieu reculé et solitaire, Yvette Dinville tire son troisième ouvrage, Le Chemin du Haut, peu fidèle à la vérité selon l’intéressé même. Puis ce dernier s’installe à Châtillon-en-Diois dans la double maison qu’il a restaurée au viol Truchenud de 1952 à 1967.

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Le grand pharaon - 1953

Il alterne des escapades comme décorateur de théâtre à Paris (Petit Apollo 1952, La Huchette 1953, Le Vieux Colombier 1956…) et à Venise (La Fenice 1955) avec les expositions de peinture en région Rhône-Alpes (Grenoble, Lyon, Crest, Châtillon).

En 1963 et 1965, il participe au Salon des Réalités Nouvelles à Paris où il introduira le peintre Alfred Courmes (1898-1993), Châtillonnais d’adoption comme lui. Georges Ladrey participe activement à l’animation du village grâce aux connaissances qu’il a contractées durant ses carrières d’artisan joaillier, peintre et metteur en scène. Ainsi fait-il venir le poète Jean Sénac (1926-1973) rencontré lors de son séjour à Alger de 1946, qui s’installera quelque temps au quartier du Ruisseau dans une maison « baptisée par Henry Miller », le sculpteur Gilioli, l’acteur Alain Rais sans compter ses amis peintres. Bon vivant, il n’oublie pas de célébrer dans sa peinture les vins de Châtillon.

C’est là que se fera la majorité de son œuvre peint qui passera du Constructivisme (série des Pharaons, Spatial... 1950-1956) à l’Abstrait Lyrique (La Voile grise, Archéologie, L’Homme bleu, Jemaâ-el-Fna... 1957-1978). Après Châtillon, il se fixe, toujours dans la Drôme, à Manas puis à Crest. Châtillon et Crest rendent successivement hommage à sa peinture dans deux expositions en 2004 et 2010. Georges Ladrey s’éteint à Crest le 28 octobre 2012.

Georges Ladrey et les vins de Châtillon

Georges Ladrey aimait à festoyer entre amis comme le rappellent quelques photos. Il appréciait aussi les vins de Châtillon.

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Le vin de Numa
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Le vin de Turel

Il rend un premier hommage en 1962 à Numa Chancel – qui possédait une entreprise de matériaux de construction ainsi que des vignes réputées – dans sa toile « Le Vin de Numa » au réalisme stylisé : dans un camaïeu de rouges évoquant le cru en question, on repère le bâtiment de l’exploitation avec le nom du propriétaire trônant au-dessus de la porte cochère et au-dessous les caves voûtées ; l’équerre et le compas dans le coin supérieur gauche rappellent l’appartenance de monsieur Chancel à la Franc-Maçonnerie.

L’année suivante, Georges Ladrey s’intéresse à un autre viticulteur, Raymond Turel, dans l’huile intitulée « Le Vin de Turel » avec ses perspectives de tonneaux et de voûtes.




En savoir plus sur Georges Ladrey
Visite de Francis Druart (professeur de philosophie, créateur de la revue poétique et littéraire « Relâche ») à Georges Ladrey.


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