Patrimoine Châtillon-en-Diois

Exposition « Le bâti à Châtillon commune nouvelle »

mardi 19 août 2025

Cette exposition réalisée par l’ACSPADE , en collaboration avec la Mairie de Châtillon, s’est tenue à la cantine « Bébé Friand », rue du Reclus, du 19 au 27 juillet 2025.
Elle a pour but de comparer et de montrer l’évolution au cours du temps du bâti dans Châtillon bourg et les cinq autres villages de Châtillon commune nouvelle.
Elle est composée de panneaux de texte accompagnés de plus de 100 photos.

Ces photos, présentées sous forme de vignettes, s’agrandissent en cliquant dessus.

Sommaire :
[Châtillon commune nouvelle]
[Le bourg centre et les villages]
[L’habitat à Châtillon]
[Eléments architecturaux]
[Evolution des maisons des villages ]
[Evolution des maisons de Châtillon bourg jusqu’au XIX° siècle]
[Les mots de la maison en occitan Châtillonnais]
[Les Caractéristiques hygrothermiques des maisons anciennes]

Panneau 1 : La commune nouvelle de Châtillon-en-Diois
La commune nouvelle de Châtillon-en-Diois a été créée en 2019 par la fusion des deux communes :

  • Châtillon-en-Diois 28 km2/540 habitants
  • Treschenu-Creyers 82 km2/120 habitants (née de la fusion, en 1972, de Creyers-Mensac avec Treschenu).
  • La commune nouvelle a une superficie de 110 km2 et s’étage de 514m à 2038m d’altitude et compte 660 habitants soit une faible densité de 6 habitants par km2 .

Châtillon-en-Diois, commune nouvelle, est la commune la plus étendue : de la Drôme/de la Communauté de Communes du Pays Diois/du Parc du Vercors/de la Réserve Naturelle des Hauts Plateaux.

La commune nouvelle se compose de :

  • La zone collinaire plantée de vignes de la vallée du Bez au pied des falaises du plateau de Glandasse
  • La zone montagneuse, contrefort des hauts plateaux qui s’articulent autour de la vallée encaissée des Gâts où coule le Bez
  • Du Vallon de Combeau et des trois vallées des torrents de montagne, dont l’Archiane
  • Du plateau promontoire de Creyers
  • Des hauts plateaux  

Panneau 2 : Le bourg centre et les villages
L’habitat de Châtillon-en-Diois, commune nouvelle, est un habitat regroupé comprenant :

  • Le bourg centre (altitude 550 m) construit autour d’un rocher sur lequel se trouvait un château surplombant le village médiéval qui fut fortifié, ainsi que ses extensions successives, hors les murs, à partir de 1575, date à laquelle les remparts et le château furent rasés.
  • Six villages : Creyers (en ruine), Mensac (altitude 820 m), Menée(893 m), Archiane (800 m), Les Nonières (903 m), et Bénevise (1 003 m).
Châtillon commune nouvelle
Plan de Châtillon commune nouvelle

Panneau 3 : L’habitat sur Châtillon-en-Diois commune nouvelle
Que ce soit dans le bourg de Châtillon ou dans les villages, la maison traditionnelle regroupe sous le même toit :

  • La zone d’habitation
    o Une pièce à feu avec cheminée
    o Deux chambres, dont une parfois utilisée en magnanerie
  • Les locaux agricoles
    o Cave pour la viticulture
    o Ecurie pour l’élevage des moutons, des chèvres, du cochon et des bêtes de trait (cheval, mules, âne)
    o Grange ou grenier à foin pour stocker la nourriture hivernale des animaux.

Les différences entre les maisons du bourg et celles des villages

  • La surface d’emprise au sol
    o Très réduite dans le bourg médiéval par manque de place
    o Plus importante dans les villages.
  • La hauteur de la maison
    o Dans le bourg une maison sur cinq niveaux avec cave en sous-sol
    o Dans les villages, en général, une maison sur trois niveaux sans cave.
  • La mitoyenneté
    o Toutes les maisons du bourg sont accolées
    o Dans les villages on trouve souvent un espace étroit entre les maisons pour l’écoulement des eaux de ruissellement et de la neige tombée des toits
    o Ce passage, parfois plus large, et souvent avec des escaliers, permet d’accéder au lieu de vie et aussi de passer d’une rue à l’autre.

L’activité agricole, différente en fonction de l’altitude, modifie la structure de la maison

  • Sur Châtillon Bourg et Mensac
    o La viticulture, activité importante, impose la présence de caves, parfois sur deux niveaux, et la construction de cabanons de vigne hors du village
    o L’élevage est une activité annexe comme la polyculture.
  • Dans les villages
    o L’élevage du mouton est l’activité principale a côté de l’agriculture de subsistance. Chaque famille possède un troupeau plus important
    o La taille des troupeaux impose des écuries deux fois plus vastes
    o La longueur des hivers entraîne la nécessité de granges d’un volume près de trois fois plus important.
Châtillon sous la neige
Troupeau et chien de berger
Bénevise - Lapinière sous pesureau
Archiane - entrée de grange
Bénevise - rue voutée avec entrée de pourciou et d’écurie
Châtillon - cave à vin avec cuve maçonnée
Bénevise - réserve de bois
Echarassou à Archiane
Bénevise - aérateur de grange
Bénevise - entrée d’un pigeonnier
Bénevise - entrée d’une écurie
Bénevise - détails de lapinières
Châtillon - cave à vin viol du Fossé
Mensac - maison à deux étages

Panneau 4 : Eléments architecturaux
Les matériaux de construction

  • Bruts et naturels
    Les pierres extraites de la rivière ou de la montagne (carrière) : calcaire, pierre meulière, grès, galet
    o Le sable de rivière ou concassé en carrière
    o Le bois (rare jusqu’au XX° siècle car les montagnes sont peu boisées à cause de l’élevage)
    o La paille de seigle (toit de chaume dans les villages).
  • Produits par l’industrie locale
    Chaque village et Châtillon bourg possèdent des fours qui permettent de produire la chaux (la rue des Fourchaux) / les tuiles (quartier le tuilier)/les briques (rares).
  • Les produits importés sont apparus grâce au développement du transport au XIX° siècle, comme par exemple la tuile Saint Vallier et le ciment.

Les modes de construction

  • Les murs, de 50 à 70 cm d’épaisseur en moyenne, en pierres assemblées par un mortier de chaux et de sable
  • Les voûtes, certaines maisons possèdent jusqu’à trois ou quatre étages de voûtes maçonnées. Quelque fois la voûte de premier niveau se situe au-dessus du passage de la rue
  • Les plafonds-planchers en bois sont réservés, seulement aux étages supérieurs
  • les toits sont couverts de tuile sur une charpente en bois, à Châtillon depuis le moyen-âge. Dans les villages les toits étaient à l’origine couverts en chaume de paille de seigle (risque important d’incendie comme celui de 1827 qui ravagea totalement Benevise).

Les éléments d’architecture

  • Les façades :
    o Systématiquement couvertes d’un enduit à base de chaux. Parfois on peut trouver des pierres d’angle réelles ou en trompe l’œil
    o La pratique des décors peints est très répandue au niveau des encadrements des ouvertures, allant même jusqu’à représenter de fausses fenêtres
    o Pour la maison de l’Argentière (mairie actuelle) la totalité de la façade est peinte de décors de briques rehaussée d’une frise.
  • Le pesureau :
    o C’est un escalier extérieur maçonné, souvent en débord sur la rue, qui permettait l’accès au premier étage d’habitation au moyen-âge. Il a été progressivement supprimé pour permettre le passage des charrettes
    o Ils ont été remplacés par des escaliers intérieurs.
  • Le toit :
    o C’est l’élément qui différencie le plus Châtillon bourg des villages par le nombre de pentes et l’inclinaison
    o Les débords de toit les plus anciens couvraient largement le pesureau ou l’entrée de l’habitation. Ils sont construits en planches et solives et plus tard avec des génoises
    o Très rares sont les corniches maçonnées.
  • Les portes :
    o Les portes d’entrée, sur pesureau ou directement sur la rue, souvent en noyer avec de riches sculptures
    o Les linteaux au-dessus des portes, avec triangle de décharge, en bois ou en pierre taillée, sculptés et décorés, inscription de la date et des initiales des propriétaires
    o Les portes des écuries, en pin, sans décor et simplement peintes.
  • Les fenêtres :
    o Fenêtres simples ou à meneaux et toujours à petits carreaux
    o Les encadrements et linteaux peuvent être soit en pierre de taille soit en bois et quelquefois simplement peints
    o Elles sont toujours pourvues de volets avec dessin en double carré. Parfois les gonds des volets sont inversés dans les maisons des protestants pour empêcher le dégondage par les dragons du roi (dragonnades qui ont suivi la révocation de l’Edit de Nantes en 1685).
  • Les éléments intérieurs :
    o Quelques rares escaliers tournant
    o De petites fenêtres d’appoint ou « calustrou » pour apporter un peu de fraicheur l’été
    o Les voûtes
    o Les plafonds
    o Les planchers.
Châtillon - toitures avec tuiles rondes
Bénevise - rue voutée avec entrée d’une écurie
Toiture à pans coupés
Châtillon- important débord de toiture
Bénevise - Entrée d’écurie avec date et initiales sur le linteau
Aération d’une grange
Les Nonières - porte d’écurie, linteau avec triangle de décharge
Châtillon - porte d’écurie avec linteau en bois
Mensac - scierie, importance du bois dans la construction
Haut Diois - maisons avec toits de chaume
Mensac - porte d’habitation
Châtillon - pesureau rue des Rostangs
Châtillon - maisons avec pesureau
Bénevise - entrées de maison et d’écurie protégées
Entrée de grange avec linteau double en bois

Panneau 5 : Evolution des maisons des villages au cours du temps
Chaque village se structure autour des éléments de son site
Le relief en général

  • Pour Archiane, Menée, Bénevise et les Nonières les maisons sont construites au sud, le long de la pente plus ou moins abrupte.
  • Pour Mensac, le relief est plus complexe, le village est adossé à un rocher définissant donc deux zones de construction :
    o Une zone ou les maisons sont dans la pente
    o Une zone ou les maisons sont de plain-pied

Les cours d’eau
Présence d’un ruisseau qui coule au pied de chaque village : Archiane (l’Archiane), Menée (l’Archiane et le ruisseau de Combeau), les Nonières (le Sareymond), Bénevise (le ruisseau de Combeau est encaissé au fond de la vallée), Mensac (confluence de l’Archiane et du Bez).

Les voies de communication
Les villages se sont développés le long d’une route, qui suit les ruisseaux et s’élève ensuite en lacets à flanc de coteau.

  • Route du col de Menée pour Menée et les Nonières
  • Chemin de Combeau pour Bénevise
  • Route reliant Châtillon à la vallée des Gâts pour Mensac
  • Chemin allant au Jardin du Roy pour Archiane.

Le tracé ancien de la route, à flanc de coteau, définit la route-rue principale.
D’autres rues viennent rejoindre la route-rue en suivant la courbe de la pente ou en reliant les deux niveaux de la route-rue après un lacet. Ces rues, à flanc de pente, sont souvent des calades en escaliers.

Pour Creyers et ses Hameaux (Le Serre, l’Église, Reychas)
La structure est plus complexe. On est sur un plateau aride, d’altitude, et on peut supposer que c’est la présence des sources qui est à l’origine de l’implantation des hameaux, auxquels on accédait depuis la vallée des Gâts.

L’évolution des maisons des villages
Le type de construction des villages est relativement stable dans le temps.
Ces maisons montagnardes s’adaptent au relief, à l’altitude, mais aussi à l’accroissement des troupeaux.

  • Agrandissement des maisons
    o Certaines façades témoignent, à la fois d’extensions latérales du corps de la bâtisse et de sa surélévation.
    o Création de dépendances à usage agricole à côte de la maison.
  • Evolution des modes de construction
    o Abandon des entrées des habitations et des écuries, en retrait des façades, avec des voûtes de protection, au profit de la création d’auvents maçonnés au-dessus des portes
    o Remplacement des toits de chaume par des toits de tuiles
    o Dans chaque village on retrouve une église ou une chapelle, un four banal, des fontaines, un moulin et parfois une scierie.
Bénevise - entrée de grange dans la pente
Archiane - Maison sur voute
Mensac - ancien moulin
Archiane - fontaine à deux bacs
Archiane - maison sur voute
Archiane - entrée d’écurie sous voute
Les Nonières - maison rénovée
Les Nonières - entrée de grange avec linteau en bois
Bénevise - fontaine à 3 bassins
Bénevise - entrée de maison protégée par un auvent
Bénevise -surélévation d’une maison
Bénevise- entrée de grange avec rampe d’accès
Les Nonières - maisons en bande
Les Nonières - pesureau
Les Nonières - chemin de l’ancienne cure
Les Nonières - four à pain
Les Nonières - four à pain
Bénevise - maison à flanc de pente
Bénevise - important débord de toiture
Les Nonières - pontil permettant l’accès à la grange
Les Nonières - maison avec jardin clos
Mensac - pontil pour accéder à la grange
Les Nonières - maison avec jardin clos
Les Nonières - locaux agricoles
Les Nonières - extension de maison
Les Nonières - route du col de Menée
Les Nonières - locaux agricoles
Mensac - groupe de maisons avec pesureau
Les Nonières - maison atypique
Mensac - pesureau
Les Nonières - fontaine
Mensac - rue principlale
Entrée de maison protégée
Les Nonières - calade (rue en escaliers)
Les Nonières - passage entre la rue haute et la rue basse
Les Nonières - entrée de l’habitation et de la grange sous voute
Menée - ancien moulin
Mensac - rue en calade et pesureau

Panneau 6 : Evolution des maisons de Châtillon bourg jusqu’au XIX° siècle

Châtillon bourg et les contraintes de son site

  • Le relief en général
    Depuis le haut moyen-âge, le village s’est développé au pied et autour du rocher où était situé le château, au nord.
  • Les cours d’eau
    o Le fougueux torrent le « Baïn », et son profond ravin à l’ouest
    o Le ruisseau de « Lagier » à l’est (aujourd’hui enterré)
    o Le « Bez » et sa vallée, inondable, au sud.
  • Les fortifications
    Le village médiéval, jusqu’en 1242, était protégé par un mur d’enceinte avec des tours carrées.
    Pour permettre de faire face à l’évolution de la population (1 200 habitants intra-muros, à l’époque de Malbérionne, 1220-1290), un nouveau rempart est construit.
    En l’an 1573, pendant les guerres de religion, le château et les remparts ont été rasés. Il reste des vestiges de cette muraille et de son système de fortifications : viol du Fossé, viol des Bernards et viol de la Côte.

Les voies de communication

  • Liaison Diois – Trièves : La route qui relie le Diois au Trièves passe par le col de Menée, et traverse le village médiéval. Au milieu du XIX° siècle, la traversée de Châtillon bourg par la route impériale se fera en dessous du village médiéval par ouverture de la rue du « Reclus » et d’un pont sur le « Baïn ».
  • Liaison Diois – Baronnies
    La route reliant Châtillon à Menglon emprunte la « Porte Neuve » et traverse le « Bez » par un pont, d’abord en bois, puis en pierre.
    Depuis la fin du XIX° siècle, ce pont est remplacé par le pont métallique de l’ingénieur « Eugène Courtet », contemporain de « Gustave Eiffel » et de ses techniques révolutionnaires.

Modifications de la maison de Châtillon bourg, jusqu’au milieu du XIX° siècle

  • La suppression des pesureaux : toutes les maisons du moyen-âge possèdent un pesureau qui empiète sur la rue :
    o Les nouvelles maisons sont construites dès le XVII° siècle, sans pesureau sur la rue, avec une porte d’entrée à côté de la porte de l’écurie. Un escalier intérieur, en pierre, séparé de l’écurie, conduit au premier étage
    o Le développement de l’usage des charrettes entrainera aux XVIII° et XIX° siècles la suppression des pesureaux rue des Rostangs. En 1827 le plan systématique d’alignement des maisons, avec des travaux de recul des façades et la création de trottoirs. Ce recul des façades a entraîné le remplacement des linteaux- courbes en voûte, par des linteaux rectilignes surmontés d’arc de décharge.
  • La suppression des fortifications : que ce soit après 1242, pour la première enceinte, ou après 1573 pour la deuxième, la destruction de ces fortifications entraîne :
    o La création de nouvelles rues
    - après 1242 : rue basse, viol des Bernards, la Placette, viol Truchenud, viol Porte Neuve, viol du Roux, viol du Temple
    - après 1575 : la rue Neuve, la montée du Tricot, le viol du Fossé, la rue de l’Eglise.
    o Des matériaux des pans de murs des anciennes fortifications sont parfois réutilisés dans les nouvelles constructions, viol des Bernards, viol de la Côte.
    o La base des remparts peut servir de soubassement pour les nouvelles constructions, comme à l’Hôtel de l’Argentière.
    o Certaines tours carrées des remparts sont transformées en maison, viol des Bernards et Montée du Tricot.
  • L’extension du village hors des murs génère, jusqu’au milieu du XIX° siècle, des variantes de la maison traditionnelle sans pesureau :
    o Rue Neuve, côté du clocher avec adaptation à la pente, quelques marches pour accéder à l’habitation et entrée de l’écurie en contrebas
    o Rue Neuve, côté du ruisseau de Lagier avec la création de jardins clos, à l’arrière de la maison, structure que l’on retrouve rue de l’Eglise et montée du Tricot
    o Création de faubourgs composés d’un alignement de maisons mitoyennes identiques qui reprennent l’architecture de la maison traditionnelle sans pesureau (quartier du Ruisseau et quartier du Bez)
    o Création de nouvelles rues au départ de la place du Reviron : la rue Neuve, la rue de l ‘église, la montée du Tricot, à l’ouest le viol du Fossé et au sud les viols du Bez et des Voûtes.
    o Trois hôtels particuliers : la fin du XVI° siècle voit la construction de trois hôtels particuliers par des nobles ou des notables. Leur architecture en fait des immeubles cossus, de surface importante, avec des façades élégantes, des fenêtres à meneaux. Bien que conçus comme lieu d’habitation ils possèdent des caves importantes et des écuries.
    -l’hôtel de l’Argentière place du Reviron
    -l’hôtel de Gouvernet place du Reviron
    -la maison Pascal sur la Placette
    o Les fermes extérieures, au moyen-âge, seul le prieuré de Guignaise et ses dépendances agricoles, se situent hors les murs du village. Le cadastre napoléonien atteste la présence de fermes isolées, la Conche, l’Enclos, Beylière, à l’Ouest et Rossignol, la Renardière, Quintel à l’Est, et Ombre sur la rive droite du Bez
    o Les cabanes de berger du plateau de Glandasse sont mentionnées dans les archives anciennes
    o Les cabanons de vigne, peu nombreux sur le cadastre de 1827, se multiplieront à la fin du XIX° siècle suite à l’épidémie du Phylloxera
    o Le four banal situé rue des Rostangs dans la maison des Consuls restera en usage jusqu’au début du XX° siècle.
    o Les fontaines dont le nombre passera de trois à dix-sept avec l’arrivée de l’adduction d’eau dont les travaux se termineront en 1917
    o Les jardins, depuis le moyen-âge, sont situés à l’Est du village et bénéficient d’un système d’arrosage par canaux amenant l’eau des sources de l’Adoux.
La maison Pascal sur la Placette
Pesureau viol des Rostangs
Fontaine des Consuls viol des Rostangs
Hôtel de l’Argentière actuellement Mairie de Châtillon
La rue Neuve
Village médiéval
Rue de l’Eglise et tour de l’horloge
Le nouveau quartier de Baïn
Le rocher du château, les remparts
Viol du fossé et remparts
Maison traditionnelle avec pesureau
Maison traditionnelle sans pesureau extérieur
Maquette de la maison traditionnelle avec pesureau
Mur de façade en pierres roulées
Viol des Rostangs, vestige d’une ancienne boutique
Viol du Château
Rue Neuve, débordement de façades
Fenêtre à meneaux

Panneau 7 : Les mots de la maison en occitan Châtillonnais

Les mots de la maison en occitan Châtillonnais : toponymie et lexique
L’habitat est visible dans la toponymie, la microtoponymie (lieux-dits), l’odonymie (rues).
Connaître le dialecte parlé à Châtillon et dans le Diois permet de :
o Comprendre les toponymes
o Préciser le sens de certains noms transparents
o Observer une cohérence de leur emploi, reflet d’un état du paysage et d’usages parfois disparus

  • Le dialecte diois est un dialecte occitan
    Il appartient à l’aire dialectale de l’occitan vivaro-alpin, qui s’étend de l’Ardèche aux vallées occitanes italiennes
  • Certains toponymes et mots se retrouvent donc dans toute l’aire occitane, ou plus précisément vivaro-alpine.
    Les noms de lieux
  • La maison/meison (synonymes : ostau, casa) est associée à un nom de famille : la Maison Barthélémy/Durant/Raymond, sur le plateau de Creyers
  • Lo chasau (maison en ruine) : les Chasaux, entre le Serre et le Hameau de l’Église
  • La granja est un bâtiment qui abrite les récoltes, mais aussi, plus largement, habitat temporaire d’altitude : Serre des Granges, Grange de Rachier (Combeau), tous deux situés à la même altitude
  • La cabana et lo jaç / la jassa, sur le plateau de Glandasse, (gîte, endroit pour dormir, litière) désignent une bergerie : les Cabanes de Châtillon/Laval d’Aix/Saint-Roman, la Jasse de la Ville, la Jasse du Jardin du Roi, la Jaça de Pèira Roja.

Les odonymes - redescendons à Châtillon

  • La bòria (du latin bovarius) désigne, dans toute l’aire occitane, une ferme (fèrma) : rue de la Baurie/Borie
  • La cròta (du latin crypta) est une cave voûtée : viol de la Crotte
  • Lo viol/viòu, élément de base de l’odonymie Châtillonnaise, n’a rien d’un particularisme, il désigne un sentier en occitan vivaro-alpin.
    Le lexique de la maison
    Il correspond au lexique occitan et vivaro-alpin en particulier :
  • Lo cubert désigne le toit
  • La fusta/la traveta désigne la poutre
  • Lo chanal/chanau pour la gouttière
  • Lo planc est le grenier, qui peut être hanté par la trèva
  • L’eichala/eichara est une échelle pour accéder au grenier
  • La pòrta est la porte d’entrée de la maison. On y accède en actionnant la cadaula/cadaura (le loquet).
    Les autres ouvertures sont :
    - La fenèstra, et son diminutif, lo fenestron, ou lo calustron (à rapprocher de (es)calustrar , éblouir), attesté dans le Dauphiné, mais aussi dans le Périgord.
  • Lo pesuraor, le pésureau, est une réalité architecturale présente du Quercy/Auvergne au Lyonnais sous diverses appellations : lo pompidor, lo terrasson, lo ponti/pontilh
    Cependant, le mot pesuraor (à rapprocher de apesar, prendre appui avec le pied, comme pompidor vient de pompir, piétiner) est un vrai particularisme lexical diois.
Carte de l’Occitanie

Panneau 8 : Les Caractéristiques hygrothermiques des maisons anciennes du territoire Châtillonnais, entretien et amélioration thermique

  • Des constructions naturellement conçues pour éviter les problèmes dus à l’eau et à l’humidité
    o Le complexe de pierres hourdées d’un mortier de chaux, d’un enduit de chaux à l’extérieur et d’un enduit de plâtre à l’intérieur permet une bonne régulation de l’humidité à travers la paroi. Le complexe laisse transiter l’eau et la vapeur d’eau à travers sa masse.
    o Traditionnellement l’enduit extérieur est appliqué comme une peau protégeant des eaux de ruissellement mais permettant la migration de l’eau provenant de l’intérieur (vapeur d’eau transformé en eau) vers l’extérieur.
    o Des parois perspirantes
    Une paroi est perspirante si elle permet une autorégulation naturelle.
    La perméabilité des murs est primordiale. Dans le cas d’une rénovation, tout enduit, tout jointoiement avec des matériaux à caractère hydrofuge, est à proscrire.
    o L’hygrométrie est la caractéristique de l’air à transporter de la vapeur d’eau, elle s’exprime en pourcentage, 100% d’hygrométrie dans l’air correspond au taux maximal au-delà duquel l’air ne peut plus absorber d’humidité et où se manifeste le phénomène de condensation.
  • Des maisons traditionnelles à forte inertie
    La masse des structures anciennes (murs épais, voutes, planchers en durs) apporte une forte inertie thermique aux bâtiments
    o En hiver cela permet de stocker la chaleur à l’intérieur (de provenance solaire par les baies vitrées ou issue d’une source de chauffage en intérieur) et de restituer la chaleur par rayonnement
    o En été, cela permet de stocker la fraîcheur nocturne que l’on aura faite entrer pendant la nuit et de limiter le transfert de chaleur en provenance de l’extérieur pendant la journée grâce au déphasage, (décalage horaire dans la restitution de la chaleur emmagasinée), pouvant atteindre une douzaine d’heures. Avec une bonne ventilation naturelle pendant la nuit, la paroi refroidira par l’apport d’air frais nocturne.
    Comment améliorer les performances hygrothermiques
    des murs ?
  • Protéger le mur par des enduits perspirants
    En intérieur : plâtre, terre crue, chaux sable
    En extérieur : enduit chaux-sable
  • Un revêtement intérieur pour atténuer l’effet de paroi froide : correction thermique ou isolation thermique ?
    o Correction thermique : enduit intérieur chaux/chanvre appliqué directement sur le mur, on garde ainsi une bonne capillarité
    o Isolation thermique avec un complexe isolant : structure support d’un parement et matériaux bio-sourcés perspirants, perméables à la vapeur d’eau (ouate de cellulose, laine de bois, laine de chanvre)
    o Le goût contemporain pour la pierre apparente génère l’effet de paroi froide. Qu’il s’agisse d’une correction thermique ou d’une isolation thermique, on veillera à préserver la perspirance de la paroi.
    Les façades des maisons châtillonnaises : un caractère patrimonial à préserver !
    Les façades : en architecture histoire et usage des bâtiments sont intrinsèquement liés.
    Lors de la rénovation d’une façade ancienne il est important d’avoir le souci de préserver la mémoire du bâtiment à travers son esthétique et les techniques employées.

Pour en savoir plus sur le confort thermique des bâtiments


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